Suspendue

J'aime bien, moi, quand je le peux, retarder.
Pousser les limites, flirter avec, j'ai toujours aimé ça.
Mais c'est vrai que c'est rarement aussi doux que là. Aussi chaud.
Et puis, dans mon cocon, je suis toute suspendue pendant que je retarde.
J'ai l'impression de me suspendre en même temps que le temps.
Je le sais, hein, que ça ne reste qu'un fantasme, que les minutes avancent.
Et bien, ça sera sans moi. Encore un peu.
Encore un peu..., je navigue entre la nuit et le jour.
La lumière dehors toque à la porte, me rappelle mes obligations, mes devoirs, la vie qui m'attend... elle essaye de m'amadouer avec l'odeur du café.
Mais là, je me vautre en semi-morte.
Et, insolence suprême, c'est moi qui décide quand aujourd'hui commencera. C'est tout.
"Grasse matinée"... C'est vrai qu'il y a comme ce genre de texture, c'est voluptueux.
La couette sur la tête, j'étouffe un peu dans ma propre chaleur odorante, m'anesthésie les sens.
Toute molle, m'étire, me frotte au tissu et me recroqueville foetus.

Puis, soudain, sur un coup de tête, sans vraiment réfléchir, mais parce que ça sera "Maintenant", sans choix bien arrêté, comme par une pulsion sauvage, je me soulèverai, enfilerai quelconque tissu, me collerai un sourire sur les lèvres et irait l'affronter une fois de plus, la Vie, et tout ce qu'elle comporte de défis.

Tout à l'heure...

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