Re-sans

 

 

Ça y est, j’ai compris.

Je crois.

J’y suis.

Presque. Pas bien loin.

Ce moment où la théorie se transcende, digérée et vécue. J’ai alchimisé de l’intellect aux tripes.

 

Enfin, c’est dans mon ventre et c’est clair :

 

Je ne te veux pas.

 

Non, je ne cueillerai pas de fleur sublime, ça la tuerait.

Non, je ne veux pas enfermer d’oiseau, aussi dorée soit sa cage.

Non, hors de question d’apprivoiser le loup. Le loup, je l’aime rare et mystérieux, le préfère libre et sauvage.

 

Perdure une légère envie, bien sûr. Acceptée telle quelle, assumée.

Tant le douloureux besoin n’est plus. Ce diabolique besoin de possession qui m’amenait un manque à en crever.

A en crever.

Voilà, je pensais t’aimer à en crever. Mais je me trompais.

Juste, l’amour, c’est beau, ça ne peut pas être si triste.

 

Pourtant, j’avais vraiment mal, même physiquement.

J’avais tellement tout créé toute seule.

Parce que, ce mal-là, il vient de moi, il est né de ma propre négation.

Essayer de t’oublier...

Me forcer à ne plus t’aimer, à fermer les yeux fort sur ce qui t’appelle et que je porte en-dedans, éviter ce bout de toi installé dans mon âme, c’est me battre contre moi-même.

 

Le nier, te nier, « Nous » nier, c’est me nier.

Aller contre moi, absurdement devenir mon propre ennemi.

Je m’affectais, m’infectais.

 

Le temps passe et panse. Je ressens, j’accepte, je suis vivante. Quand l’être dépasse l’avoir.

 

Ça y est, j’ai compris, je crois.

J’y suis. Presque. Pas bien loin.

Te savoir heureux dans tes choix de vie, bien qu’ils ne m’incluent pas ;

Te savoir exister, même loin ;

C’est doux comme ça pique encore parfois.

Je suis sur le chemin :

 

Je t’aime si fort encore.

Mais ça ne te regarde pas.

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