Les beaux jours

Les beaux jours…

Les craquants juteux de couleur des melons, concombres et tomates ;
La flemme lourdeur non-productive des muscles que la chaleur rend cotons, soupirs d’aise ;
Le tissu minimum, facultatifs sous-vêtements ;
Le jeu d’éparpillement-mitraillette des noyaux de cerises ;
Les cris d’enfants hilares éclaboussés à la fontaine ;
Le « bouge pas » quand ça te Bzzz dans les oreilles ;
Les diverses confections tests culinaires, esthétiques et ménagers par ingrédients de produits du jardin ;
Les caresses des gouttes de sueurs salées qui te dévalent et te rafraichissent-frissons aux courants d’air ;
Les herbes collées sur ta peau poisseuse monoï ;
Le sucre douceur fraises, pêches, abricots ;
La glissade des corps échaudés au goût d’aloès Vera ;
Le livre qui t’accompagne mais que tu n’ouvres que rarement, cerveau en ébullition, concentration en berne ;
L’odeur entêtante du feu de bois dans tes cheveux ;
Le besoin de s’imbiber d’iode par tous les pores ;
L’éblouissement, sourcils froncés ;
Les poilus qui s’étendent haletants, les plumés qui vrillent euphoriques ;
Les corps qui se dévoilent, les coups d’œil gourmands mais discrets, l’air rempli d’ inflammables pulsions ;
La course folle des insectes qui te squattent sans gêne ;
Les démangeaisons brûlantes du derme rouge au soir ;
Le chapeau de paille qui s’envole et que tu ne remets pas ;
L’enveloppante chaleur solaire qui te tourne la tête, aidée par le rosé ;
La goutte de sang qui perle de s'être échiné sur l’œuvre du moustique;
Les fleurs poussées çà et là, feu d’artifice immobile ;
Les glaces qui dégoulinent, les coups de langues pour rattraper ;
Le passage des cailloux sur pointes de pieds nus ;
L’anis au soir pendant la valse des pipistrelles ;
L’accent des contrastes qui s’aiguisent en luminosités, températures et couleurs ;
Les zygomatiques qui se tendent jusqu’à pas d’heure ;
Le ciel que tu scrutes en attendant l’étoile filante ;
L’imagination des nuages à formes quand tu t'allonges à l'ombre ;
Les sculptures sur sable, éphémères ;
L’odeur de la pluie post canicule, yeux fermés, danse rafraichissante ;
L’orage fureur et l’électrique de l’air qui te soulagent des quelques heures de lourdeur ;
La liberté du camping sauvage en bord de rivière ;
La citronnelle épicée en espoir de tranquillité ;
Les siestes où tu ne te reposes pas ;

Les beaux jours, quoi...

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