LA MECANIQUE DU SEXE

Precaution : Ce manifeste vous est offert par l’association des non-gynécologues pas vraiment anonymes en accord avec l’agence pour le consentement et l’appartenance du corps.

Par la même attendez-vous à certains propos potentiellement choquants dans le fond (bien tout au fond) comme dans la forme (anatomique).

 

Alors voilà : Il y a le sexe que tu as et celui que tu pratiques. TON sexe, TA sexualité.

 

Deux notions bien différentes et pourtant ayant leurs même lots d’enclaves : schémas, stéréotypes, étiquettes, éducation unifiée...etc.

 

A peine la sortie du premier poil, on nous insère sans lubrifiant l’idée que notre sexe est EXACTEMENT le même que celui de la voisine :

Trou à combler, machine à bébés, sale à laver, poilu à épiler, pervers à toucher, libido à gérer, saignant régulier ;

- Plaignons-nous, depuis peu, on nous reconnaît quand même le clitoris -

 

Mais surtout, SURTOUT, notre sexe est à ne pas trop s’approprier.

 

A l’instar du fier pénis à la mécanique rodée, la femme possède un matos mystérieux et caché.

Son sexe ne pourra être que le fief du docteur.

Ton toi, Femme, ne prend pas le risque de trop le manier, à moins d’avoir fait les études anatomiques complètes. A croire qu’elles doivent prédominer sur ton ressenti.

 

Reste sexe faible, laisse le corps médical s’occuper du tien.

Ne soit pas trop à l’aise avec.

Une femme qui se connaît trop bien, c’est dangereux.

Nous ne sommes pas des sauvages, voyons…

 

Attention, la consultation gynéco reste bien sûr primordiale, mais à trop nous mettre sous cloche, nous volerait-on pas une partie de notre intimité ?

 

Mesdames, combien d’entre vous ne tourne pas de l’œil à l’idée d’aller toucher son tout-au-fond ? Tu as déjà essayé, toi, ça ? La spéléo intime ?

 

Et tant qu’à continuer dans ce qui n’est pas politiquement correct : tu en penses quoi de ton sang ? Celui qui revient régulièrement entre tes jambes et qu’il faut cacher, autant aux yeux qu’aux nez du monde. Celui qui t’a trempé de honte en tachant ton jean préféré en public. Le sang qui atterri dans divers cotons plein de chimie, que tu crois ne pas perdre normalement vu qu’on t’a apprit qu’il doit arriver pile tous les 28 jours et ne pas rester plus de 4 jours.

C’est tellement humiliant qu’à personne tu avoueras saigner 10 jours tous les 25… SAUF, bien sûr, à LA personne qui a le monopole de ton corps : ton gynéco.

 

Celui que tu crois être obligée d’aller consulter régulièrement. Le seul à avoir vraiment le droit de te tripoter l’intérieur en détails. Chose que toi-même tu n’oserais jamais faire.

Le seul qui sait vraiment à quoi ça ressemble là-dedans grâce à son bec froid facilitant la vue plongeante. Celui que tu penses qu’il connaît mieux TON fonctionnement.

 

Femme, écarte les cuisses, laisse la médecine s’introduire dans toi, elle seule pourra alors te dire comment vivre ta sexualité.

Et cet inconnu, là, celui que tu espères être un robot, que tu déshumanises autant que possible entre tes jambes, sera le seul à te connaître mieux que toi tu te connais.

Sache que c’est toi qui lui donne cette importante clef, parce que c’est « ce qui se fait ».

 

L’erreur est humaine, mais son pouvoir est tout puissant.

S’il perd les pédales, l’ordre des médecins le mettra à l’abri.

Si le docteur pense que ton avortement est un affront divin, rien ne prouvera qu’il a pu avoir quelques gestes brutaux.

Si le docteur t’impose telle ou telle contraception hormonale malgré ta volonté de passer au naturel, rien ne prouvera qu’un potentiel labo lui a graissé la patte.

Si le docteur ne te propose pas l’éventail total des moyens de contraceptions et de protections périodiques, rien ne prouve que ce n’est pas pour garder l’ascendant.

Si tu lui plais, à ton docteur, rien ne prouve qu’il y a eu pénétration avec ou sans consentement, vu qu’à la pose d’un stérilet il y a obligatoirement pénétration. Pis t’avais qu’à pas être à poil et épilée, tu l’as cherché, un peu, non ?

 

Malheureusement, de ces dernières lignes, je n’ai rien inventé. Toi, Femme, tu le sais très bien.

 

Alors, quoi ? J’oserai insinuer que le patriarcat infantilisant de la société peut dégouliner jusqu’à dans les cabinets médicaux ?

 

Quoi de mieux, pour garder le pouvoir, que de maintenir l’autre dans la médiocrité et l’ignorance.

Tout en lui faisant porter la charge mentale totale de la contraception. Tant qu’à faire. Avilir fait parti du jeu.

 

Faudrait pas non plus que la science trouve une pilule masculine avec trop d’effets secondaires, les femmes, maintenant, elles sont bien assez habituées aux effets des leurs.

Et puis faut bien avouer, la capote, c’est chiant, hein, ils sentent rien, les pauvres.

Mesdames, arrêtez de vous plaindre, un peu, de la baisse de votre libido (c’est bien connu, la libido n’est pas une affaire vraiment féminine,non? Nous on est plutôt « émotionnelles » parait-il), de la hausse de votre dépression, de la sécheresse de votre vagin, du poids pris, de votre fatigue, de vos règles hémorragiques, de l’anémie qui en résulte, de ne pas avoir trop le droit de fumer sous pilule comme d’autres libertés plus ou moins nocives, des mycoses liées à la bousculade hormonale et à l’assèchement créées par les protections périodiques,… ça pourrait être pire, vous pourriez porter une capote et ne rien sentir.

Que les femmes sont chiantes, hein ? Hystériques… (Ce magnifique mot utérin)

 

Au fait, en passant, combien d’entre vous le savent, que la capote féminine, elle existe ?

 

Bref, c’est visiblement plus sympa de se taper les rendez-vous réguliers de visites internes parfois douloureuses et humiliantes pour ingurgiter de la synthèse que d’enfiler un plastique externe à chaque rapport.
Et pourtant la fertilité féminines n’est que de quelques jours par mois, celle des hommes est à chaque éjaculation.
Mais bon, le fœtus désiré ou non, c’est dans toi qu’il se créé alors ça devient TON problème, visiblement.

 

De toutes façons, la pilule, c’est le réflexe premier. Les adolescentes la commencent avant même leur premier rapport la majorité du temps. Histoire de se réguler les hormones, tu sais. L’acné, entre autre.
Faudrait pas trop faire confiance à la nature et utiliser les moyens moins intrusifs non lobbyesques.

Chut, ne divulguons pas les techniques moins lucratives.

Pis on aura qu’à faire semblant de donner le choix : Soit la femme utilise nos moyens payants mais sûrs, soit elle n’utilise rien et se contente de la technique du retrait avec tous les risques que ça peut comporter, surtout faudra bien appuyer sur la possibilité d’une petite goutte ultra fertile pour bien la diriger là où on veut qu’elle aille. Et utiliser l’humour en proposant l’abstinence en troisième solution. Aha.

 

Y’a pas de secret de polichinelle, si tu ne le veux pas dans ton tiroir, il faudra juste bêtement suivre les consignes du presqu’inconnu qui a fait de ton corps sa spécialité.


Se protéger c’ est intrusif : Faudra avaler dans ton corps, par la bouche, dans l’utérus ou même à l’intérieur de ton bras. Oui, ça peut être douloureux, mais bon, souffrir…, nous sommes aussi faites pour ça, nous, les femmes, non ? C’est connu que la femme gère mieux la douleur et ça arrange bien de continuer à le croire, comme ça on peut appuyer fort dessus en toute impunité.

Effectivement, c’est dans notre nature de supporter d’avoir mal : on accouche, on ovule (sisi ça peut être douloureux quand ça se produit naturellement), on supporte nos règles (petit détail ultra glam’ : elles peuvent même engendrer des diarrhées monstres… Pire : un simple pet peut nous tordre en deux, comme s’il n’y avait plus assez de place dans notre bas ventre inflammé pour accueillir une bulle de passage.)… Bref, on est plus à ça près.


Alors voilà : si on pouvait éviter d’en rajouter une couche, même si ça part du bon sentiment d’essayer de solutionner. Je continue à penser qu’il s’agit surtout de jouer à Dieu en voulant contrôler le sauvage.

 

Et puis si te protéger ça fout le bordel dans tes hormones, parce qu’en vrai, ton corps, il est unique, et bien soit ! Voir tant mieux… : Tu reviendras consulter et on continuera à te proposer après quelques mois de tests échoués, tout un panel de contraceptions non-mécaniques.

Faut surtout pas que tu creuses par toi-même, que tu la découvres, cette mécanique, sinon tu ne seras plus la poule aux œufs d’or.

 

Une poule aux œufs d’or qu’il faut déprécier assez pour en garder la jouissance.

Ce n’est alors pas étonnant de voir comme notre sexualité n’est pas bien comprise, vu qu’étouffée.

Comment voulez-vous que les femmes se connaissent sexuellement dans une société où elles sont poussées à s’ignorer ?
Suite logique : Comment voulez-vous que les hommes connaissent les femmes si elles-même s’ignorent ?

 

La problématique sexuelle est en plein mouvement, heureusement, avec la montée du féminisme (nooooon être féministe ce n’est pas être anti-hommes, au passage, pour ceux qui douteraient encore).

Tant mieux, parce que même si la vision traditionnelle du sexe est plutôt arrangeante pour le mâle, l’homme a soif d’apprendre à donner du plaisir.

 

On sait maintenant à quoi ressemble un clitoris et comment il fonctionne.

ENFIN le mythe de « la clitoridienne ou vaginale » est en train de se casser la gueule. Pfiou, il était temps !

Effectivement, de façon mécanique, dans un rapport de pure reproduction, Mister Clito n’a pas une place primordiale. Même si l’orgasme féminin augmente les chances de fécondation.

 

Il reste un organe exclusivement dédié au plaisir.

Oulala ! C’est diabolique, vite ! Au pilori !

 

Mais voilà, on ne fait pas l’amour pour se reproduire.

Et quand bien même, si une envie de bébé fait parti de l’équation ça ne change rien.

 

Pour se reproduire il ne faut que pénétration et éjaculation.

Malheureusement, on continue à agir comme si faire l’amour c’était pareil :

La femme doit obligatoirement prendre son pied pendant la pénétration, de préférence exclusivement grâce à elle…

C’est en tout cas l’image véhiculée dans presque tous les films.

Et encore TROP SOUVENT : le jeu se termine quand monsieur a finit. Qu’importe où en est madame… C’est complètement hallucinant.

 

Faire l’amour c’est pas censé être un échange à double sens ?

 

Nous ne sommes pas un trou passif à combler, un réceptacle. Il faut arrêter d’amputer la sexualité féminine.

Faire l’amour c’est un art, ce n’est pas une mécanique.

C’est plus compliqué, plus subtil, plus intime, plus joli, plus intense…

Alors arrêtons de nous amputer de tout ça, de rabaisser la jouissance féminine…

La preuve en est : un homme qui prend un plaisir lié à la pénétration, un pénétré, se voit écorché de sa virilité. Comme si l’anus était genré. Pourtant, il paraît qu’une jouissance prostatique est une expérience fabuleuse. Mais pour des raisons sociétales, la majorité des mecs s’en passent.

Faudrait pas qu’on les compare à des nanas quoi…

 

Hey, tsais quoi ? L’énergie féminine qu’un homme s’autorise à vibrer, personnellement, je trouve ça super sexy. Et je suis loin d’être la seule.

 

A force d’ignorance, on s’entre-déchire plutôt que de se faire du bien.

Certaines paroles peuvent blesser plus profond que prévu, surtout sur ce sujet intime.

Suite à des paroles maladroites d’un ex j’ai cru longtemps être sale. Je sais maintenant qu’il était juste ultra-hygiéniste et lui-même très mal à l’aise avec sa propre sexualité.

Être mal à l’aise avec ce sujet, c’est grave. C’est trop important, ça peut vous pourrir la vie.

Et celle des autres.

Ça entraîne des déviances qui peuvent s’avérer criminelles. Destructrices.

Un humain à l’aise avec le corps en général a tellement plus de chance d’être un(e) bon(ne) amant(e). (big up à ceux et celles qui ne sont pas dérangés par les règles...par exemple)

 

Moi je veux apprendre mon corps. En être la seule reine. Je veux pouvoir me passer au crible, sous la loupe. Connaître mes cycles, mes QUATRE cycles (tu sais ça ? Qu’une femme en a 4?). Savoir comment je réagis quand je suis fatiguée, quand je suis stressée, quand je suis décalée, quand je suis caressée. Apprendre la gluanteur de mes pertes, mes odeurs. Comprendre mes sensations, mes sentiments. Savoir ma libido. Avoir une sexualité épanouissante. Essayer des dispositifs de protections menstruelles et contraceptives naturelles et mécaniques (je suis fan de l’éponge… vous connaissez?), n’en déplaisent à ceux dont je me suis passée de l’avis et du savoir faire (rien que pour essayer le diaphragme, il FAUT une ordonnance et se faire faire la première pose par un médecin… Pfff. Je respecte celles que ça pourrait rassurer, mais pour ma part, je contourne.)

 

C’est MON corps et je veux redevenir sauvage.

 

Et pour ceux qui voudront essayer de diriger mon cul, vous n’avez pas mon CONSENTEMENT : Allez tous bien vous faire cuire le votre.

 

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