Euphorie

Tu la sens l’euphorie ?

Là, si fort !

 

Au creux de ton ventre,

il y a une bulle légère

qui prend tellement toute ta place

que tu te croirais d’hélium.

 

Naissent des ressentis de pulsions,

pulsation de danse,

mais tes pieds effleurent à peine le sol.

 

Et ça te pétille dans la poitrine

des étincelles qui font tout chaud,

un parfum de fleurs d’été

rayonne violent dans ton dedans,

rayonne tellement qu’il t’aveuglerait presque.

 

Tout paraît léger et au ralenti,

comme immergé dans un liquide angélique,

c’est donc ça, « nager dans le bonheur » ?

 

Tu te fabriques des rides au coin des yeux

cicatrices de bonnes pliures

comme pour te marquer à vie.

Rappel immuable :

ce moment a vraiment existé.

 

Dans ton tout de suite, la vie est tellement belle ;

 

Tu en as les zygomatiques douloureuses

tant tu les tends

sans savoir comment les calmer.

Et puis tu n’as pas envie que ça s’arrête.

 

Au fond, tu le sais,

ça ne va pas durer,

ça ne peut juste pas durer.

 

Parce que rien ne dure,

tout est cycle,

tout meurt pour recommencer,

pas mieux, pas pire, juste autrement.

 

Et puis, si cette sensation devenait ta norme, elle ne serait plus si intense.

 

Alors oui, c’est si bon que tu t’y accroches

quand même fort, fort.

T’essayes de t’imprimer profond

cette joie pure dans la caboche

pour te la ressortir,

et te l’offrir au besoin.

 

Quand tombera la chape de plomb

t’éclatant la bulle-hélium,

quand se précipitera l’hiver.

 

Tu te dis que les souvenirs, ils ont sûrement été inventé pour ça.

 

Et tu tentes de ne pas avoir trop peur.

Seule ombre au tableau,

permettant d’autant plus le contraste.

Peur de quand tu vas chuter aussi intense que tu t’envoles.

 

Alors tu te divises entre exploser des couleurs de la joie

quitte à disparaître en mille morceaux saturés

et te retenir

en te cramponnant de toutes tes forces,

par sécurité,

à la réalité de l’éphémère,

 

En attendant, tu fermes les yeux,

Dégustes le moment présent,

le monde peut s’écrouler autour,

tu n’es plus dans le monde,

tu es entièrement dans ton euphorie ombrée

 

Tu te dis qu’ on y est plutôt bien,

sur ce dangereux fil,

quand il vibre si fort.

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